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l'histoire de la compagnie de Corsier

14 déc. 1897 - 14 déc. 2014

SURVOL DE L’HISTOIRE DE LA COMPAGNIE
DES SAPEURS-POMPIERS DE CORSIER


Si le Traité de Vienne de 1815 décida du rattachement de certaines communes gessiennes et savoyardes à la République et Canton de Genève, la prise de possession effective des communes de notre région n’eut lieu qu’en novembre 1816 après le Traité de Turin.

Six ans plus tard, la toute nouvelle commune genevoise de Corsier qui, il faut le rappeler, couvrait les territoires actuels d’Anières et de Corsier, décide de créer un corps de pompiers.

En effet, sous la présidence de Monsieur le maire Philibert, Louis, Michel Cramer-Lasserre, le Conseil municipal fonde la Compagnie des pompiers de Corsier, lors de sa délibération du 21 avril 1822. (Monsieur Cramer habitait l’actuelle résidence de l’Ambassadeur d’Allemagne).

Cette délibération est reproduite sans changer les termes ou l’orthographe de l’époque. (Corsier, destin helvétique d’une commune savoyarde par Bernard Cuénod).



La compagnie en 1897

Article 1er
Un conseil ou commission des pompes est composé : du maire, des adjoints, du chef des pompes. Elle est chargée de la police, conservation ou soin des pompes, règlements intérieurs de discipline et de diriger les manœuvres en cas d’incendie.

Article 2e
Le corps des pompiers pour la pompe moyenne est composé d’un capitaine, un lieutenant, un sergent, un caporal, afin qu’en cas de maladie ou d’absence on puisse toujours trouver un de ces chefs, de plus, de dix pompiers.

Article 3e
Sont nommés les sieurs Dumond Amed, capitaine - Dechevrens dit l’Honnest, lieutenant – Neury dit Jacquard, sergent – Pierre Druz, caporal. Le capitaine est chargé de diriger le jet de la pompe ou les autres chefs selon leurs grades exprimés ci-dessus.
Dans le cas d’acquisition d’une pompe dite à bras, le corps des pompiers sera augmenté de trois hommes et le sous-officier dirigera le jet de cette pompe.

Article 4e
Sont nommés pompiers, les sieurs : Boujon Pancrace et Chapelle Louis avec le titre ou grade de sapeurs.
Avec le titre de «simple pompier» : Neury Gaspard, A. Dechevrens dit Sabot, Terrier Claude, Neury Pertuiset, Dederod Marie, Druz François, Philippe Dumont dit l’ouvrier, Dumond adjoint, selon sa demande.

Article 5e
Chaque année :
  1. Dans le courant du mois de may, la commission, sous la présidence du maire, s’assemblera pour faire l’inspection des pompes et l’examen du service.
  2. Dans le courant du mois d’août on fera un essay des pompes.
La commission ordonnera le plan de l’essay et entendra les rapports et propositions qui pourront être faits dans l’intérêt du service.

Article 6e
Après chaque incendie et essay, le maire réunira la commission et les officiers des pompes pour en faire la visite, que tous leurs effets sont en ordre et complets et ordonnera les réparations qui pourraient être nécessaires. Toutes les fois que les pompiers sont appelés hors du hangar, l’officier doit veiller à la conservation des effets dépendants des dites pompes.

Article 7e
Une somme de trente cinq florins sera allouée sur le budget de la commune pour être répartie aux pompiers, lors des essais des pompes. Une somme semblable sera mise à la disposition de la compagnie pour l’entretien des pompes, soit graisses, huiles, etc.

Article 8e
Tout entrepôt d’effets (autres que ceux appartenant au service des pompes) soit à l’intérieur ou à l’extérieur du hangar, est expressément défendu. Une clef du hangar sera déposée chez le maire ou un autre membre de la commission.

Article 9e
Au premier cri de Feu, le maire, s’étant assuré de l’existence du feu, fera sonner les cloches de l’église ou battre la caisse (le tambour).
Les pompiers se rendront de suite à la pompe et de là au feu sous les ordres du maire ou un autre membre de la commission. Le piquet de service se rendra au lieu de l’incendie pour y maintenir l’ordre. Il fera retirer tout le personnel inutile au service à rendre et protégeant les secours, assurera une bonne police.

Article 10e
On sortira suivant les services les deux pompes et si l’incendie est dans un lieu d’origine ou une commune voisine, on mettra tout de suite la limonière et le ou les premiers chevaux à portée seront attelés à la pompe.

Article 11e
Les officiers des pompes qui se trouveront sur le lieu de l’incendie auront soin de faire placer la pompe de façon qu’elle soit facilement pourvue d’eau et qu’elle puisse fonctionner le plus avantageusement possible.
Ils veilleront à diriger les tuyaux le long des maisons en évitant autant que possible de leur faire traverser la rue ou le chemin.
Ils chercheront aussi pour les introduire dans les appartements à les faire passer par les fenêtres plutôt que par les escaliers et l’un des officiers organisera le prompt arrivage de l’eau. Il formera à cet effet une ou plusieurs chaînes depuis la place qui fournira l’eau, jusqu’à celle de l’incendie. Il choisira quelques surveillants pour assurer le service.

Article 12e
En cas d’incendie par un grand froid, on aura soin de ne pas laisser séjourner l’eau dans les tuyaux et de la tenir en agitation dans le corps de la pompe.
Si l’on craignait qu’elle ne gèle, lorsque le froid est rigoureux, le maire invitera les particuliers et propriétaires de chaudières à tenir de l’eau chaude pour le service des pompes.

Article 13e
Outre l’inspection annuelle mentionnée à l’article 5, l’un des membres de la commission, et à tour de rôle, fera toutes les six semaines une visite du hangar, pompes, et effets et fera son rapport à la commission de l’état des choses.

Article 14e
Dans le cas où il serait convenable de faire des réparations majeures aux pompes, le maire en fera la proposition au conseil municipal lors de la cession périodique, mais si le cas devenait très urgent, il aurait soin de provoquer la convocation extraordinaire du dit conseil et correspondrait à cet effet avec la commission des communes.

Fait à Corsier le 21 avril 1822

Cramer-Lasserre maire, Dederod adjoint, Dumont fils adjoint, Jean Dechevrens et + marque de Jean Villard (qui ne sait pas écrire).


Dans les années 1930

Voici enfin l’inventaire du matériel de la compagnie :
  1. Une pompe moyenne
  2. La couverture ou chemise forte de toile qu’on laisse au hangar lors de sortie de la pompe (autrement la housse)
  3. Six courses de tuyaux et leur «boëtte» à vis
  4. Deux jets, huit clefs ou crochets
  5. Un tambour de provision et cribles
  6. Une maille, soit corde à monter les tuyaux
  7. Une poulie à même usage
  8. Une lanterne
  9. Des cuviers derrière la pompe et dans lesquels les tuyaux sont rangés en serpentins
  10. «Une» cheneau en bois
  11. Une échelle
  12. Une limonière, des cordes, bâtons ou traverse pour le trait
  13. Les éponges et brosses communes pour nettoyer
  14. Seaux en cuir pour le transport d’eau

Ainsi naquit la compagnie des sapeurs-pompiers de Corsier.
En 1846, malheur pour la compagnie qui eut son premier incendie, car le 8 décembre, le hameau de Bassy est en flammes. Malgré le matériel bien en ordre, qui vient d’être inspecté par le colonel Céard, commandant du Service du Feu, les pompiers ne peuvent qu’essayer de limiter les dégâts. (11 ménages furent sinistrés). Les dépenses faites par la commune, pour l’incendie, totaliseront 300 francs, soit environ 8 % de son budget annuel.
En 1857, suite aux antagonismes qui divisèrent Corsier et Anières, une séparation de la compagnie fut inévitable, ceux de Corsier ayant déposé leur démission cette année-là. (Cité dans le livre ANIERES 1858-1958).

En 1863, la compagnie est dotée d’une nouvelle pompe à incendie, l’ancienne ayant été attribuée à la commune d’Anières, lors du partage des biens.
Le conseil municipal procède à la nomination de 10 nouveaux sapeurs.
Les années passent, nos pompiers entrent dans le 20ème siècle, ils s’exercent le dimanche matin avant l’office religieux.
Les exercices sont sensiblement différents que ceux que connaissent nos jeunes sapeurs.



Dans les années 1940
Exercice du 21 avril 1907 à 7 h. 30
  1. Inspection des bouches à eau et du matériel.
  2. Ecole du soldat.
  3. Exercices théoriques de la pompe et du char de course.

Exercice du 28 avril 1907 à 8 h. 00

Seulement pour les cadres (distribution de cornettes)
  1. Exercice de commandements.
  2. Exercice de signaux à la cornette.

En 1907, nos pompiers doivent intervenir lors de trois incendies à l’extérieur de la commune :
• A la Capite, le 21 juin 1907
• A Chères, commune de Collonge-Bellerive, le 1er septembre 1907
• A Vésenaz, le 22 octobre 1907, et …
• A Gy, le 6 décembre 1908.

Après les interventions extérieures, nos valeureux sapeurs sont intervenus à Corsier, en 1909, au Café Blanchard (qui se situait dans l’allée actuelle qui mène à la résidence de l’Ambassadeur d’Allemagne). En 1910, le café fût reconstruit à l’angle du chemin du Château et de la route de l’Eglise où se trouvent actuellement de nouveaux immeubles.

Si nos pompiers étaient vaillants et assuraient au mieux de leurs possibilités, la sécurité dans la commune, ils avaient droit à quelques moments de détente.
Dans les années 1920, la compagnie méritante fit une sortie à Chamonix, le train fit une halte à la Roche sur Foron. Mimi Pinson, soit François Argand eut un gros besoin urgent, il dut poser culottes, et entre temps le train après avoir sifflé trois fois comme dans le film, repartit pour la prochaine destination. Notre valeureux Mimi Pinson, tout perdu de se retrouver seul, prit la route et revint à pied à Corsier.

Dans les années 30, la solde du sapeur était en moyenne de Fr. 2.25 par exercice, mais une arrivée tardive était pénalisée de Fr. 0.50 et une absence à un exercice était amendable de Fr. 2.--.

Autres temps, autres mœurs.

A la même époque, un feu embrasa la maison des Vuargnier (où habite actuellement Abel Taillefert). Elle faisait partie d’un groupe de maisons dans le centre du village, le danger était grand, mais l’intervention efficace de nos pompiers a évité le désastre.

Dans les années d’après guerre, nos pompiers firent une sortie en Valais, à la Forclaz. Lors d’une visite des caves Orsaz, Emile Chapel s’étant appuyé contre un pilier, plus solide que lui, n’a pas réalisé qui tanguait, il bascula et crut que la cave s’écroulait.

Dans les années 50 environ, ou un peu avant, la compagnie fut appelée en renfort lors d’un incendie à la ferme du château de Merlinge. Le temps que les sapeurs attellent les chevaux à la pompe, le capitaine Cochet cornait pour annoncer l’arrivée de nos valeureux pompiers.

Le 20 août 1971, il y a eu le feu au chemin des Gravannes, chez Monsieur Chaumeil et nos vaillants pompiers arrivèrent «à bride abattue», malheur ! Si la chanson dit « mais où est passée la grande échelle ? », nos pompiers penauds rétorquent « mais où est passée la colonne mobile ? ». Elle fut retrouvée plus tard en plein champs.

Enfin, parmi les événements que nous connaissons un peu mieux, nous aimerions situer les derniers locaux de notre compagnie.
Dans les années d’après guerre, le local des pompiers se situait dans l’abattoir (actuellement le siège de la banque Raiffeisen), puis ensuite, a émigré vers l’ancienne école, à côté de l’entrée des petits.
En 1978, en traversant la route, le local fut transféré en dessous de chez notre capitaine Briguet, pour finir en 1989, dans notre caserne actuelle.

Pour citer quelques-uns de nos sapeurs de longue durée :
• François Buffet a accompli 32 ans dans la compagnie de 1895 à 1927.
• Emile Chapel est entré dans la compagnie à 17 ans et a effectué 47 ans de service en terminant comme 1er lieutenant.
• Léon Vuargnier a accompli 38 ans de service en terminant comme sergent.
• Jean Buffet a consacré 34 ans dans notre compagnie pour finir avec le grade de 1er lieutenant.
• Le plus fort, François Cochet, entré dans la compagnie le 1er mai 1924, fut nommé capitaine le 1er juillet de la même année, effectua son premier exercice en tant que commandant en septembre, toujours de la même année, et donna sa démission le 31 décembre 1958, soit : sapeur durant deux mois et capitaine pendant 34 ans et six mois.
• Enfin notre petit dernier sapeur de longue durée, Louis Buffet a sévi durant 33 ans dans la compagnie.

Certains événements de la fin de ce siècle ont marqué nos sapeurs, de différentes manières, notamment le feu du hangar au Manège de Corsier.
Quelques-uns, les plus ardents, ont même gradé dans la compagnie. D’autres, se souviennent d’un lieu mémorable, «La ferme Leu», ou la pollution de l’Hermance. Sans oublier notre précédent capitaine, également officier d’état civil, mariant un jeune couple qui d’un amour brûlant mis le feu au champ de blé voisin !

L’histoire de la compagnie, même si nous en relatons que quelques extraits, ne serait pas complète, sans une pensée, un souvenir à la mémoire de tous ceux qui ont créé ou participé, depuis 1822, à la vie de ce corps. Une pensée à tous les disparus, notamment à notre jeune ami Didier Clémenz.

Tous nos remerciements à nos autorités d’hier et d’aujourd’hui dont les relations avec la compagnie ont été de bonne entente et de compréhension. La preuve en est que la compagnie est fière de sa caserne actuelle et qu’elle est très enviée.

Nos remerciements aussi à Bernard Cuénod, sergent honoraire, qui par ses recherches dans les archives communales, nous a fait découvrir la fondation de la compagnie.

Notre gratitude va également à Gilbert Cochet qui a fait don à la compagnie de l’uniforme, de la cornette et de la hache de son père, François Cochet.

Nous pouvons rappeler que la compagnie est très ouverte aux bonnes volontés, puisque nous pouvons compter parmi nos sapeurs, des gens de nationalité ou d’origine très diverses : Allemagne, Chili, Egypte, Espagne, Italie, Pérou, Portugal et Syrie.

Pour terminer, nous citerons les commandants de compagnie connus :

Amed Dumont, fils...............1822 - ?
François Falquet environ.....1865 - 1903
Louis Chevrier .....................1903 - 1910
François Buffet ....................1910 - 1923
François Cochet ...................1924 - 1958
Georges Ryse........................1959 - 1967
Jean Péccoud........................1968 - 1979
Philippe Wassmer.................1980 - 1993
Maurice Briguet....................1993 - 1998
Jean-Jacques Nötzli..............1998 - 2001
François Jaccard...................2002 - 2012
Georges Jaudouin.................2013 - 2015
Dominique Peccoud..............2015 - ?


Cette plaquette bien qu’incomplète, à notre grand regret, sera certainement un souvenir pour tous les hommes qui ont œuvré dans la compagnie, et à qui nous présentons nos remerciements pour leur engagement.

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